Log in

Pompei Shoes

Theatrical Footwear

  • Accueil
  • Qui sommes-nous
  • Cinema
  • TV
  • Théâtre
  • Curiosités
  • Oscars
  • Contactez-Nous
Vous êtes ici : Accueil / Curiosités / Les chaussures racontent le Cinéma

Les chaussures racontent le Cinéma

23 octobre 2025

Le cinéma, ce fut d’abord un homme qui marchait. Il était filmé par Marey, de profil, vêtu de blanc sur un fond noir. Image inoubliable: une nouvelle expression s’élançait. Le mouvement, enfin.

Mais cet homme avait les pieds nus.

Étienne-Jules Marey, Man Walking (L’Homme qui marche), 1882.
Dans ses chronophotographies, l’homme porte des chaussures claires, conçues pour rendre visible le mouvement.
Carrière (auteur de l’article présenté ici) en fait, par une licence poétique,
l’archétype de l’homme « aux pieds nus », métaphore d’un cinéma à ses débuts (N.d.R.).

Le cinéma a donc commencé en marchant à côté de ses pompes. De temps en temps, ça lui arrive encore : on filme un visage, ou un torse, sans montrer les pieds.

L’acteur en profite pour se déchausser (ça fait moins de bruit), ou pour se rajouter des talonnettes, si, bien que star, il est un peu trop loin du ciel.

Assez vite, cependant, les pieds ont pris leur revanche. On peut même dire que le cinéma leur a donné, le premier ou presque, la parole – au point que, par moments on ne filme qu’eux: avancée silencieuse, des chaussures vernies d’un tueur dans un couloir d’hôtel, balancement d’un escarpin qui hésite à tomber au bout d’un bas de soie, piétinement d’une botte barbare, chaussons de satin blanc qui valsent sur le cœur d’un clown : les pieds bien chaussés peuvent tout dire.

Par moments, ils l’emportent même sur les visages. Les grandes godasses de Chaplin, qui viennent du cirque par les chemins de la détresse, lui donnent sa démarche, sa silhouette et même son âme. C’est une manière de dire qu’il existe sur terre des géants capables de remplir ces souliers-là.

Charlie Chaplin marche, l’air abattu, le long de la route, dans la dernière scène de son célèbre film muet Le Vagabond (1915)

Buñuel disait qu’il fallait être redevable à Louis Malle, entre autres, de nous avoir révélé la démarche de Jeanne Moreau dans Ascenseur pour l’échafaud. Une démarche qu’il reprend à son compte dans Le Journal d’une femme de chambre, sous l’étendard du fétichisme. Ici la chaussure, ou plus exactement la petite bottine, objet de passion et de collection, remplit les armoires d’un vieux monsieur. Elle est son seul objet d’amour, elle a même supplanté la chair d’une femme vivante. Celle-ci n’est là que pour les chausser un instant, pour leur donner le fameux mouvement. L’homme emportera bientôt les bottines chéries dans sa chambre, pressées contre son cœur, trésor secret qui le fera mourir.

Scène du film Le Journal d’une femme de chambre de Luis Buñuel (1964).
Dans cette séquence, le fétichisme des chaussures devient symbole du désir, un thème également évoqué par Jean-Claude Carrière dans le texte présenté ici. (N.d.R.)

Car les chaussures ont des secrets. Pedro Almodóvar nous le dit à sa manière dans Talons aiguilles. Mais ici le titre français ne rend nullement compte de tous les échos du titre espagnol. Tacones lejanos (“talons lointains”, “talons qui s’éloignent”) nous donne à entendre ce bruit, totalement unique, des hauts talons de femme, perçus dans l’enfance, et que la vie efface peu à peu dans le souvenir.

Les chaussures, au cinéma, peuvent servir à donner des coups de pied au cul, à boire du champagne comme dans les films de Stroheim, à courir, à danser, à affoler les hommes, et même à les nourrir (toujours Chaplin dans La Ruée vers l’or). Elles transportent des microfilms très convoités, des secrets d’Etat considérables, elles laissent des traces perfides dans le sable comme dans la neige, et dans certaines aventures de James Bond elles dissimulent des poignards mortels.

Charlie Chaplin, La Ruée vers l’or (The Gold Rush, 1925).
La célèbre scène de la chaussure cuisinée et mangée par le Vagabond

J’oubliais : elles servent aussi à marcher. A se poser sur la terre, à aller d’un point à un autre. L’homme vêtu de blanc que filmait Marey a mis ses pieds dans toutes les chaussures de l’histoire du monde. Et demain, à coup sûr, il marchera encore.


« Les chaussures racontent le Cinéma »
Titre rédactionnel, avec recherche photographique, bibliographique et rédaction
réalisées par Barbara Placidi

Texte de Jean-Claude Carrière
extrait de la préface du catalogue de l’exposition
« CHAUSSURES et CINÉMA – créations de l’atelier Pompei »
Musée International de la Chaussure, Romans (France)
3 février – 2 juin 1996
Éditions du Musée International de la Chaussure, Romans

Catégorie(s) : Curiosités

Catalogue

Assainissement des chaussures

Curiosités

Les chaussures racontent le Cinéma

Follow us on facebook instagram x

Rome

Via degli Olmetti, 36
00060 Formello (RM)
Italia
Phone +39 06 90400215
E-mail: pompei@pompeishoes.it

Paris

191-195, Avenue Charles de Gaulle
92200 Neuilly-sur-Seine
France
Tel.: +33 01 73094323
E-mail: pompei@pompeichaussures.fr

Menu

  • Cookie policy
  • Copyright
  • Privacy policy
  • Crédits

Copyright © 2026 · Pompei 2000 Srl · P. IVA 04262031000

This website uses cookies to improve your navigation experience. You can learn about our privacy policy by clicking on "read more".I agree Read more
Privacy & Cookies Policy

Privacy Overview

This website uses cookies to improve your experience while you navigate through the website. Out of these, the cookies that are categorized as necessary are stored on your browser as they are essential for the working of basic functionalities of the website. We also use third-party cookies that help us analyze and understand how you use this website. These cookies will be stored in your browser only with your consent. You also have the option to opt-out of these cookies. But opting out of some of these cookies may affect your browsing experience.
Necessary
Toujours activé
Necessary cookies are absolutely essential for the website to function properly. This category only includes cookies that ensures basic functionalities and security features of the website. These cookies do not store any personal information.
Enregistrer & appliquer